
L’attaque s’est produite dimanche 18 janvier, dans la commune de Gorouol, située dans la région de Tillabéri. Dans un communiqué conjoint, l’Union des étudiants originaires de Gorouol, l’Union des étudiants nigériens ainsi que d’autres organisations ont dénoncé un massacre. « Trente et une personnes ont été exécutées par des individus sans foi ni loi, et quatre autres ont été hospitalisées dans un état critique », précise le texte. Toutefois, aucune revendication officielle n’a été formulée. En réalité, plusieurs groupes djihadistes sévissent dans cette zone frontalière du Mali et du Burkina Faso, ciblant à la fois civils et militaires. Parmi eux, une branche affiliée à l’État islamique. Hamidou Amadou, un habitant de Gorouol, a confirmé le bilan à l’Associated Press et a attribué l’attaque à l’État islamique au Grand Sahara.
Depuis des années, la région de Tillabéri est l’épicentre de violences répétées. Limitrophe du Mali et du Burkina Faso, elle subit de plein fouet l’insurrection croissante qui touche ces deux pays voisins. Ainsi, les attaques se multiplient, malgré les promesses des régimes militaires de mettre fin à l’insécurité. Le Niger, dirigé par une junte depuis le renversement du gouvernement démocratiquement élu en 2023, n’échappe pas à cette spirale. Bien que les autorités aient assuré vouloir rétablir la sécurité, les données montrent une recrudescence des attaques, un phénomène également observé au Mali et au Burkina Faso après leurs coups d’État.
Enfin, selon un rapport de Human Rights Watch publié en septembre dernier, l’État islamique a intensifié ses offensives contre les civils depuis mars 2025. L’organisation de défense des droits humains a recensé au moins cinq attaques dans la région de Tillabéri, au cours desquelles « plus de 127 villageois et fidèles musulmans » ont été tués, tandis que des dizaines de maisons ont été incendiées et pillées.