
Dans ce courrier, on peut lire : "La Cour avait suscité beaucoup d'espoir chez les peuples qui croient en la paix et la justice, mais elle a fini par être détournée de sa mission et exploitée." Le Niger rejoint ainsi le Mali et le Burkina Faso, qui avaient déjà annoncé l'an dernier leur intention de quitter la CPI. Ces trois pays, qui forment l'Alliance des États du Sahel, ont pris leurs distances avec leurs alliés historiques pour se tourner vers de nouveaux partenaires, notamment la Russie. Pour rappel, Vladimir Poutine fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI dans le cadre du conflit en Ukraine.
Depuis le coup d'État de 2023 qui a renversé le gouvernement élu, la junte militaire au pouvoir au Niger a complètement changé de cap. La CPI n'a pas caché sa déception. Dans un communiqué, elle dit "regretter toute décision de quitter l'effort collectif pour mettre fin à l'impunité des crimes internationaux les plus graves". Avec ce départ, le Niger devient le troisième pays à quitter la CPI, après les Philippines et le Burundi. Concrètement, le retrait sera effectif douze mois après la réception de la lettre. Mais attention : tout crime commis avant cette date reste sous la juridiction de la Cour.
Début du mois de juin, plus de 30 personnes ont été tuées lors d'une attaque armée contre l'aéroport principal de Niamey. C'était la deuxième fois cette année que ce site stratégique était visé. L'aéroport sert de quartier général à l'armée, abrite sa base aérienne, ses drones et ses avions, et accueille aussi l'état-major de l'alliance régionale qui réunit le Niger, le Mali et le Burkina Faso.