
C’était le 4 juillet, au Palais de la République. Le président sénégalais a réuni plus de 300 maires venus des 14 régions du pays pour leur dévoiler sa nouvelle stratégie : faire passer la coalition d’un simple regroupement hétéroclite à une organisation plus solide, mieux outillée pour les prochains scrutins.
Pour piloter ce chantier, le chef de l’État a chargé Aminata Touré, superviseur général de la coalition, de mettre en place un comité de réflexion. Sa mission ? Proposer rapidement les bases du futur parti : règlement intérieur, programme politique, et bien sûr un nouveau nom et un nouveau sigle pour remplacer l’actuelle structure.
Aminata Touré explique que cette évolution vise à rendre l’action politique plus efficace. Aujourd’hui, les soutiens du président viennent d’horizons très divers , une multitude de partis et d’organisations qui manquent parfois de coordination. D’où l’idée de chercher une « unité plus organique », pour renforcer la cohérence de la majorité en vue des municipales et de la présidentielle de 2029.
Évidemment, tout le monde n’est pas sur la même longueur d’onde. Certains dans l’opposition, comme Ayib Daffé, critiquent cette décision. Selon eux, elle marque un vrai changement par rapport à la posture initiale du président, et soulève des questions sur l’équilibre entre son rôle institutionnel et sa stratégie politique. Ce débat tombe à un moment clé : Bassirou Diomaye Faye, cofondateur de Pastef avec Ousmane Sonko, conserve un statut particulier au sein du parti. Et tout ça se joue dans un contexte de réformes institutionnelles, avec en ligne de mire une régulation plus stricte des fonctions politiques.