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La justice kenyane rejette la demande des rastafaris d’utiliser le cannabis pour leur culte

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La Haute Cour du Kenya a rejeté ce mercredi 15 juillet 2026 la demande de la communauté rastafari visant à obtenir une exemption religieuse pour utiliser le cannabis dans le cadre de son culte. 

La justice kényane a rejeté ce mercredi une demande de la communauté rastafari du pays, qui réclamait de pouvoir consommer librement du cannabis au nom de la liberté de culte. Les juges ont estimé que les requérants n’avaient pas démontré que l’interdiction du cannabis portait atteinte à leurs droits constitutionnels. La Cour a justifié que l’usage du cannabis ne constituait pas un élément central de la foi rastafari et que d’autres recours juridiques auraient dû être engagés avant la saisine de la Haute Cour. 

Cette demande portée par la Rastafari Society of Kenya demandait non pas une légalisation du cannabis, mais une dérogation pour un usage exclusivement religieux. Les avocats des requérants ont annoncé qu’ils feraient appel.

La loi kényane rend la possession de cannabis pour consommation personnelle passible de jusqu'à 10 ans de prison et d'une forte amende. La communauté rastafari du Kenya a lancé en 2021 une action en justice réclamant que cette loi soit déclarée inconstitutionnelle, parce qu’entravant leur liberté religieuse, ou qu'elle ne lui soit pas applicable, au nom de la liberté de culte.

Le rastafarisme est un mouvement politique et spirituel né en Jamaïque peu après le couronnement en 1930 d'Haïlé Sélassié 1er, empereur d'Ethiopie, qu'il considère comme un messie venu sauver le peuple noir. Au Kenya, les fidèles du mouvement rastafari estiment que le cannabis n’est pas une drogue récréative, mais un élément essentiel de leur pratique spirituelle. Cc’est pourquoi leurs avocats soutiennent que leurs fidèles devraient bénéficier des mêmes protections que les autres religions reconnues dans le pays. Ils soutiennent que l’utilisation du cannabis occupe une place comparable à celle du vin lors de l’eucharistie dans le christianisme. Pour eux, cette plante accompagne les prières, favorise la méditation et constitue un acte de communion avec Dieu.

En 2019, la Haute Cour avait déjà rendu une décision importante en faveur des rastafaris. Les juges avaient estimé qu’une école avait porté atteinte à la liberté religieuse d’une élève en l’excluant à cause de ses dreadlocks, reconnaissant ainsi officiellement le rastafarisme comme une religion protégée par la Constitution.