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Sortie de son nouvel album 

Adeba Konan dénonce la méchanceté de certains cadres du V Baoulé

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Allangba Konan Serge Pacôme, connu sous le nom d’artiste Adeba Konan, chanteur tradi-moderne baoulé, a organisé un cocktail de presse le samedi 15 août 2026, au Sofitel Hôtel Ivoire, sis à Cocody. C’était relatif à la sortie de son nouvel album. Dans l’un des titres dudit album, il aborde la méchanceté de certains cadres du centre du pays qui ne participent pas au développement de leurs localités d’origine. 

Composé de treize chansons, le quatrième album (les trois premiers étant ‘’Behouman’’ (2008) ; ‘’Moahé blê’’ (2012) ; ‘’Lella’’ (2020)) de l’artiste tradi-moderne baoulé Adeba Konan, intitulé ‘’Blai Ouflê’’ (Ndlr : nouvelle époque ou nouvel horizon en Baoulé), répond aux attentes de ses fans. Pour preuve, le titre ‘’Tonton’’ suscite déjà un véritable buzz sur la toile (Facebook et TikTok), tant le sujet qu’il aborde est d’actualité : la mauvaise foi de certains cadres du centre envers les jeunes. Du point de vue de l’artiste, cette attitude de ces cadres maintient les localités de cette zone du pays dans le sous-développement. 

Des villes du « V baoulé » citées en exemple pour marquer le réalisme des faits

Habitué à dénoncer les faits de société, surtout les mauvaises attitudes de l’Être humain, Adeba Konan, à travers sa chanson intitulée ‘’Tonton’’, s’est saisi d’une bonne partie pour affirmer haut et fort, ce que certains disent tout bas : des cadres de certaines villes du centre du pays, à cause de leur méchanceté, restent indifférents au manque de développement qui fait le quotidien des populations. « Ce problème demeure, il faut qu’on en parle. Voyez-vous, nos villages sont en retard à cause de la méchanceté de leurs cadres », affirme-t-il.

Pour ne pas paraître irréaliste, le natif de Séman, village situé à quelques kilomètres de la capitale politique sur l’axe menant à Bouaké, cite nommément des localités qui lui servent d’exemples dans sa chanson. « Bodokro est en retard à cause de la méchanceté de ses cadres. Raviart n’avance pas à cause de la méchanceté de ses cadres. Molonou-blé ne progresse pas à cause de la méchanceté des cadres N’zikpli. Tié-N’diékro est en retard à cause de la méchanceté de ses cadres. Kokumbo n’avance pas à cause de la méchanceté de ses cadres. Didiévi n’avance pas à cause de la méchanceté des cadres de Didiévi. Si Sakassou est en retard, c’est à cause de la méchanceté des cadres de Sakassou », révèle-t-il, ajoutant que son village Séman connaît ce même problème.

Un message porté par l’histoire d’un jeune diplômé

En se servant de ce titre qui totalise 43 897 vues sur YouTube, depuis sa mise en ligne le 14 août 2026, Abeba Konan partage avec ses fans l’histoire d’un jeune diplômé qui ne tire pas profit de la bonne position sociale de son oncle.

Suivons quelques bouts de l’histoire : « J’ai un oncle qui travaille à Abidjan. Je suis allé à l’école et je suis un diplômé. J’ai une maîtrise, mais mon oncle ne me regarde pas. Voyez-vous, c’est moi qui nettoie sa chaussure ; et sa voiture, c’est moi qui la lave. Même son dortoir, c’est moi qui l’aménage. Je pensais qu’en faisant tout cela, mon oncle allait m’aider. Malgré tous ces efforts, mon oncle ne me regarde pas », peut-on entendre dans la chanson. Pour se montrer plus convaincant, l’auteur du titre qui traverse le temps ‘’Ôtobé ôtobé’’ dévoile la totale indifférence de l’oncle en question face au désœuvrement de son neveu. 

Tendance à exploiter les jeunes

En effet, au-delà de son manque de soutien à ce dernier qui en a profondément besoin, vu qu’il est au chômage, avec une maîtrise en poche, l’oncle a tendance à l’exploiter. Ainsi, l’aide qu’il attend, en vain, ne viendra jamais. « Ce qui m’écœure le plus, à Abidjan, mon oncle a des connaissances, des personnes qui travaillent, mais mon oncle ne leur dit pas qu’il a un frère que ceux-ci pourraient aider. Il se contente d’inviter ses amis au village et de leur dire qu’il a un petit-frère qui est un cordon bleu. Lorsqu’il te prépare un kédjénou de poulet et que tu en manges, tu vas refuser les autres mets. Et s’il arrive à faire le cabri braisé, tu ne mangeras pas autre chose.  C’est à croire que mon diplôme que j’ai obtenu sert seulement à préparer le kédjénou ou comme si la maîtrise que j’ai eue doit me permettre de braiser le cabri », relate Adeba Konan. 

D’un point de vue analogique, cette narration n’est pas fortuite dans ce bout de la chanson. En effet, l’artiste traduit non seulement qu’il connaît bien la situation des jeunes, mais surtout, met au jour l’exploitation dont ils sont souvent victimes de la part des cadres de leurs familles ou leurs villages qui peinent à leur apporter un soutien pour les faire sortir de la précarité.  

Mépris envers ses parents proches

Et que dire de l’attitude de l’oncle concerné envers son propre frère, le père du neveu dont parle l’artiste tradi-moderne dans le titre ‘’Tonton’’ ? Si ce n’est pas un manque de respect qu’il manifeste à son égard, c’est un mépris que ce frère cultivateur vivant au village et sa femme subissent de la part du ‘’Tonton’’ fonctionnaire. Ce qu’Adeba Konan décrie à travers le message du neveu. « Ce qui me désole davantage, c’est qu’à son retour du village, mon père lui offre du gibier (agouti), sans oublier que ma mère lui donne des vivriers comme la banane, le manioc… Ils pensent qu’en faisant tout cela, ils pourraient bénéficier du soutien de mon oncle, le jour où ils auraient un problème et qu’ils solliciteraient son soutien. Mais, le jour où ils ont besoin de l’aide de mon oncle et qu’ils l’appellent, voici comment il répond : "Je te rappelle". Cependant, il ne les appelle plus », explique-t-il.

Dénoncer pour mieux interpeller 

Il convient de préciser que l’artiste tradi-moderne, comme un éveilleur de consciences, n’inscrit pas son message dans une accusation généralisée à l’ensemble des élites des localités citées plus haut. Il interpelle plutôt toutes celles qui, ayant des opportunités d’insertion professionnelle ou bénéficiant de positions sociales d’aider les jeunes diplômés ou des entrepreneurs, décident de rester indifférentes au développement qu’elles sont censées soutenir ou accompagner pour améliorer les conditions des populations.  

Dans ce contexte, la chanson concerne toutes les autres localités du centre du pays, et même ailleurs, où des « tontons », ces personnalités proches des jeunes, leur tournent le dos, laissant ainsi les zones dont elles sont issues dans le sous-développement. 

Vivement que le message soit bien saisi, pour que cette attitude qui n’honore personne, prenne fin. 

Il y va de l’avenir des jeunes et du développement des localités d’origine des cadres dont Adeba Konan caricature la méchanceté dans sa chanson. 

Raymond YAO

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