Politique

Stéphane Kipré : "Sommes-nous, nous les jeunes Ivoiriens, en retard sur notre époque ou sommes-nous tout simplement trop pressés?"

stephane-kipre-sommes-nous-nous-les-jeunes-ivoiriens-en-retard-sur-notre-epoque-ou-sommes-nous-tout-simplement-trop-presses
© Droits réservés
PARTAGEZ
Le cadre récemment puni par son parti politique, le PPA-CI, Stéphane Kipré, se pose des questions sur la transmission générationnelle de la politique en Côte d'Ivoire.

Comparativement à des pays comme la France, le Tchad ou encore le Sénégal, qui comptent des jeunes leaders politiques à la tête de leur pays ou de leurs institutions, Stéphane Kipré, se pose des questions sur le cas de son pays, la Côte d'Ivoire. Et ses interrogations, il les a transmises dans un post rendu public ce mardi 26 mai 2026, sur sa page Facebook. 

"Assis au village, devant ma télévision, je suivais tranquillement les informations sans imaginer qu'en l'espace de quelques minutes, elles allaient provoquer en moi une profonde réflexion. D'abord, un reportage sur l'investiture du président du Bénin. Ensuite, une interview de Gabriel Attal, candidat à l'élection présidentielle française. Puis enfin, la lecture d'un communiqué signé par le président Bassirou Diomaye Faye. Ces trois sequences, en moins de quinze minutes, ont réveillé en moi un véritable questionnement sur notre génération. Même si le regrette personnellement la crise politique actuelle au Sénégal, je ne peux pas ignorer ce que ces images et ces discours ont provoqué dans mon esprit. Je me suis alors posé une question simple mais profondément dérangeante : sommes-nous, nous les jeunes Ivoiriens, en retard sur notre époque ou sommes-nous tout simplement trop pressés ?". Tel est la question que le cadre du parti fondé par Laurent Gbagbo s'est posée. 

Et pour cause, à le suivre, en Côte d'Ivoire, la classe politique semble avoir du mal à se renouveler. Et pour cause, depuis plusieurs décennies, trois grandes figures ont animé la scène politique nationale : Henri Konan Bedié (PDCI-RDA), Alassane Ouattara (RHDP) et Laurent Gbagbo (PPA-CI). Et même si le premier cité est décédé depuis le 1er août 2023, les deux autres âgés de plus de 80 ans, semblent ne pas vouloir se retirer. C'est alors pourquoi Stéphane Kipré, qui a récemment décidé de se présenter aux élections législatives contre l'accord de son parti, et d'ailleurs sanctionné, se demande comment faire pour avoir cette "transmission générationnelle". 

"Quand on regarde le monde aujourd'hui, une chose devient évidente. C'est qu'une nouvelle génération est en train de prendre sa place. Gabriel Attal porte déjà des ambitions présidentielles à seulement 37 ans. Bassirou Diomaye Faye est devenu président du Sénégal à 44 ans. Mahamat Idriss Deby dirige le Tchad à 42 ans. Daniel Noboa est devenu président de l'Equateur à 35 ans. Emmanuel Macron est devenu président de la France à 39 ans. Sonna Marin dirigeait déjà un gouvernement à 34 ans. Jacinda Arder est arrivée au pouvoir à 37 ans. Et pendant que le monde évolue à cette vitesse, une interrogation grandit en moi. Sont-ils exceptionnellement précoces ou sommes-nous simplement en retard ?", a-t-il insisté. 

Car pour Stéphane Kipré, si ailleurs, les jeunes se lèvent pour prendre les devants dans les activités politiques, c'est peut-être parce que des conditions ont été mises en place dans ces pays pour. Chose qui, à l'en croire, ne semble pas être le cas en Côte d'Ivoire.

"Avons-nous créé un environnement qui pousse les jeunes à croire en leur potentiel ? Ou avons-nous construit une société qui apprend aux jeunes à attendre, à douter d'eux-mêmes et à penser que leur heure viendra toujours plus tard ? Je ne prétends pas détenir la vérité. Je ne cherche pas non plus à opposer les générations. Mais je pense sincèrement qu'il est temps pour nous d'avoir cette discussion sans hypocrisie. Parce qu'au final, derrière toute ces réflexions, une seule question demeure : sommes-nous prêts à devenir la génération que nous attendons depuis si longtemps ?", a conclu Stéphane Kipré.