Politique

Investiture du président du Bénin : Vincent Toh Bi soulève trois inquiétudes

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L’ancien préfet d’Abidjan, Vincent Toh Bi Irié, continue de faire entendre sa voix sur les grandes questions politiques africaines.

Dans une analyse publiée sur ses réseaux sociaux, ce mercredi 3 juin 2026, à la suite de l’investiture du nouveau président béninois, l’ex-candidat à l’élection présidentielle ivoirienne de 2025 salue la transition pacifique observée au Bénin, tout en exprimant trois préoccupations majeures quant à l’avenir politique de ce pays qu’il considère comme « frère ».

D’emblée, Vincent Toh Bi se réjouit de voir deux anciens présidents, le président fraîchement sortant et le président entrant réunis lors de la cérémonie d’investiture, une image qu’il juge symbolique dans « une Afrique de transitions chaotiques ». Mais derrière cette satisfaction, il formule plusieurs réserves.

La première concerne la tentative de coup de force enregistrée dans la nuit du 6 au 7 décembre 2025. Pour lui, cet événement demeure préoccupant dans un pays longtemps considéré comme un modèle démocratique. « Le sujet doit être géré jusqu’aux racines de la cause. Sinon, il y aura des raisons de s’inquiéter de la récurrence d’événements similaires », prévient-il, appelant à un examen approfondi des causes politiques, sociales et sécuritaires de cette crise.

Sa deuxième inquiétude porte sur l’élection présidentielle du 12 avril 2026. Selon lui, le faible enthousiasme observé autour de la victoire du nouveau chef de l’État s’explique notamment par les conditions du scrutin. « Il y a une conscience africaine sourde et silencieuse de quête de transparence, de justice et d’équité », affirme-t-il. Il estime qu’un « vrai dialogue politique » est nécessaire afin d’éviter d’éventuelles "turbulences internes" susceptibles de freiner les progrès réalisés sous le précédent mandat.

Vincent Toh Bi s’interroge enfin sur la capacité du nouveau gouvernement à répondre aux attentes populaires. Malgré une équipe qu’il juge "esthétiquement belle", il s’interroge sur sa cohésion et sa proximité avec les citoyens. « Le problème de la technocratie avancée, c’est une déconnexion avec les vrais problèmes du peuple et leurs aspirations », souligne-t-il. 

Pour l’ancien préfet, ces interrogations relèvent d’un "droit fraternel régional" visant à renforcer la démocratie et la stabilité en Afrique de l’Ouest. « C’est en nous soutenant et en nous corrigeant mutuellement que nous bâtirons une Afrique forte et une solide Afrique de l’Ouest », conclut-il.