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Politique nationale : Jean Bonin appelle à "libérer" la situation administrative de Blé Goudé

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26 novembre 2022. Cela fait bientôt quatre ans que "l'ancien" proche de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, est revenu dans son pays d'origine, la Côte d'Ivoire, après dix années de prison passées à La Haye, aux Pays-Bas.

Ce retour, qu'il a inscrit dans le cadre de la promotion de la paix et de la réconciliation nationale entre les filles et les fils de la Côte d'Ivoire, Charles Blé Goudé n'a cessé de le mener.

Toutefois, le président du COJEP, qui, en tant qu'homme politique, a aussi des ambitions — briguer un jour la magistrature suprême — semble avoir tout le mal du monde à s'exprimer dans ce jeu politique. Et pour cause, au moment de son séjour du côté de La Haye, l'ancien leader de la galaxie patriotique avait été condamné ici, dans son pays, par la justice ivoirienne. Il a écopé de 20 ans de prison pour "crimes contre l'humanité, complicité de crimes" et autres.

Et même s'il n'a pas été jeté en prison à son retour en Côte d'Ivoire, Charles Blé Goudé semble avoir du mal à s'exprimer sur le champ politique. C'est ce qui explique d'ailleurs sa non-participation aux dernières élections qui ont eu lieu dans le pays. Malgré cela, l'homme continue de se battre pour "se faire accepter" des Ivoiriens qui, d'une part, le jugent comme un "traître" vis-à-vis de son ancien mentor, Laurent Gbagbo, et de l'autre, comme "un élément qui pourrait être déstabilisateur" pour le pouvoir. C'est donc avec cet "entre-deux" que le président du COJEP doit tout de même composer pour avancer et se faire accepter des uns et des autres.

C'est en tout cas le sens de l'appel de Jean Bonin, ancien proche du président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N'Guessan. Dans une longue déclaration publiée ce mercredi 19 août 2026 sur sa page Facebook, l'homme a analysé la situation de Charles Blé Goudé comme "grillé comme gnomi", pour dire qu'il est, quoi qu'il arrive, condamné de part et d'autre.

"J'ai parfois le sentiment que Charles Blé Goudé se trouve précisément dans cette situation. Lorsqu'il rencontre, à titre personnel, occasionnel ou politique, un responsable ou un militant du RHDP, certains s'empressent de le traiter de 'traître'. Traître à qui ? Et surtout, traître à quelle cause ? Car il faudrait tout de même être cohérent. Les leaders politiques ivoiriens, des plus radicaux aux plus conciliants, ont tous, à un moment ou à un autre, rencontré des responsables ou des représentants du pouvoir en place. Certains ont même bénéficié, à différents degrés, de gestes ou de privilèges de la part du pouvoir", a-t-il déclaré.

Pour Jean Bonin, qui est connu pour ses analyses politiques pertinentes, plusieurs leaders politiques du pays, des plus petits aux grands opposants, ont déjà pu bénéficier d'une façon ou d'une autre des avantages des cadres du pouvoir en place. Mais lorsque c'est le cas pour Charles Blé Goudé, ce dernier est tout de suite pointé du doigt et traité de tous les noms d'oiseaux. "Mais enfin, que lui reproche-t-on exactement ? D'avoir évolué ? D'avoir renoncé à la confrontation permanente ? D'appeler à l'apaisement et à la décrispation ? D'avoir compris, après les épreuves qu'il a traversées, que la Côte d'Ivoire ne peut pas éternellement vivre dans la logique du 'eux contre nous' ?", s'est-il interrogé.

Selon lui, la situation judiciaire et administrative du président du COJEP demeure toujours aussi lourde. Car pour lui, Blé Goudé a toujours cette condamnation de 20 ans de prison sur les épaules sans avoir bénéficié d'une grâce présidentielle, à la différence des autres acteurs (tous ou presque) qui avaient été condamnés pour les mêmes faits. D'où son appel à sa libération judiciaire et administrative.

"Je demande simplement qu'on lui permette d'assurer pleinement et légalement sa place dans le jeu politique ivoirien. Celle d'un responsable de l'opposition. Car une démocratie mature ne se mesure pas seulement à la manière dont elle traite ses alliés. Elle se mesure surtout à la manière dont elle traite ceux avec lesquels elle est en désaccord... Alors, de grâce, sortons Charles Blé Goudé de cet entre-deux. Régularisons sa situation administrative. Reconnaissons-lui, dans le respect de la loi, sa place dans le jeu politique. Et jugeons-le désormais sur ses actes et ses propositions, plutôt que de l'enfermer éternellement dans son passé. C'est aussi cela la réconciliation", a-t-il plaidé.