
Au cœur du différend figure le hors-série du journal d'investigation consacré aux opérations de déguerpissement à Koumassi Campement. La ministre reproche notamment au journal d'avoir affirmé qu'elle avait reçu Alloui Brou Jacques le 2 juin 2026, soit la veille des démolitions.
Une affirmation qu'elle qualifie de "grossière" en soutenant que cette rencontre n'a eu lieu que le 4 juin. Ainsi, dans sa réponse, la rédaction estime que la controverse ne porte pas sur les faits eux-mêmes, mais uniquement sur leur chronologie. Elle rappelle que les opérations de déguerpissement ont effectivement commencé le 3 juin et se sont achevées le même jour.
Pour étayer cette position, la rédaction dudit journal cite le communiqué du Procureur de la République daté du 10 juin, qui mentionne explicitement que "les démolitions des constructions ont été opérées le 3 juin". Le journal relève également que la ministre avait elle-même indiqué, sur sa page officielle, que les déguerpissements s'étaient déroulés le 3 juin, avant de présenter désormais une autre version des faits faisant état d'une opération entamée le 2 juin et poursuivie jusqu'au 4 juin.
Au-delà de cette divergence de dates, "L'Éléphant Déchaîné" rappelle les règles encadrant "le droit de réponse" en journalisme. La rédaction souligne que, conformément à l'article 68 nouveau de la loi sur la presse, un droit de réponse doit être publié dans le média ayant diffusé l'information contestée. Elle déplore ainsi que celui de la ministre ait d'abord été rendu public sur les réseaux sociaux, alors que le journal affirme ne pas l'avoir encore reçu officiellement.
Le patron de ce journal insiste également sur le respect des principes déontologiques ayant guidé son enquête. Assalé Tiemoko affirme avoir appliqué le principe du contradictoire en adressant, dès le 30 juin, un courrier au cabinet de la ministre afin d'obtenir sa version des faits.
Ainsi, selon le communiqué, ni la ministre ni sa direction de la communication n'ont répondu à cette sollicitation, malgré un délai de plus de huit jours. "En définitive, les journalistes ont agi avec professionnalisme et rigueur. C'est votre direction de communication qui a failli", soutient Assalé Tiemoko au nom de la rédaction du journal.
Le journal précise enfin qu'il publiera le droit de réponse dès sa réception physique, conformément aux dispositions légales. Il en profite pour appeler les administrations publiques à collaborer davantage avec les journalistes, qu'il qualifie de "pilier essentiel de la démocratie et de l'État de droit".