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CAN Maroc : Des supporters sénégalais détenus après la finale entament un « jeûne », leur procès de nouveau reporté

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Au Maroc, dix-huit supporters sénégalais arrêtés à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) poursuivent leur attente derrière les barreaux.

Depuis le 18 janvier, ils réclament de connaître précisément les charges retenues contre eux. Faute de réponses, ils ont annoncé le 6 février entamer un « jeûne » par intermittence, une manière de protester contre ce qu’ils considèrent comme une injustice. Selon un texte transmis à leur avocat, les détenus affirment avoir été interrogés en français et en arabe, langues qu’ils disent ne pas maîtriser, contrairement au wolof. Ils demandent donc que leur version des faits soit entendue. Leur conseil précise qu’il s’agit d’un « jeûne » et non d’une grève de la faim : les supporters continuent de prendre un petit-déjeuner, mais consacrent le reste de la journée à la prière et au recueillement.

De son côté, le procureur du tribunal de Rabat assure qu’un interprète a traduit l’intégralité des échanges en français, langue que, selon lui, tous les prévenus comprennent. Les autorités judiciaires marocaines ajoutent que les repas sont régulièrement distribués et que certains détenus auraient même acheté de quoi se nourrir avant de dîner à la cantine de la prison. Les supporters sont poursuivis pour « hooliganisme », un chef d’accusation qui englobe des violences présumées contre les forces de l’ordre, des dégradations d’équipements sportifs et des jets de projectiles. Une première audience fin janvier avait déjà été reportée afin de permettre à la défense et à la partie civile de préparer leurs dossiers.

Le 5 février, leurs demandes de liberté provisoire ont été rejetées. Le procès a été renvoyé au 12 février, notamment en raison d’un mouvement de grève des avocats. Mais l’audience a de nouveau été interrompue lorsqu’un des prévenus, Bara Dia, a été victime d’un malaise. Après une intervention médicale sur place, il a été évacué vers une structure de santé. Son état a ensuite été jugé stable, mais l’incident a prolongé l’attente des familles. Ces supporters sont incarcérés depuis les événements du 18 janvier, jour de la finale disputée à Rabat. Le Sénégal avait remporté le trophée 1-0 après prolongation, au terme d’une rencontre marquée par des contestations et des incidents dans les tribunes. Certains spectateurs avaient tenté d’envahir le terrain, provoquant plusieurs minutes de chaos. À la suite de ces débordements, la Confédération africaine de football (CAF) a sanctionné fin janvier les deux fédérations pour comportements antisportifs et manquements aux règles de fair-play.

Depuis, la procédure judiciaire se poursuit au Maroc, ponctuée de reports et d’interruptions. La reprise de l’audience est désormais fixée au 12 février. En attendant, les supporters sénégalais maintiennent leur « jeûne », symbole de leur volonté d’être entendus.