
Le ministre délégué chargé des Productions vivrières, Bernard Comoé, a effectué une visite de travail sur les installations industrielles du groupe OCP Group à Jorf Lasfar, quelques jours après la signature d’un mémorandum d’entente entre les deux parties. Cette mission visait à vérifier les capacités de production et d’exportation du géant marocain des engrais, afin de garantir à la Côte d’Ivoire un accès régulier à des fertilisants de qualité, à coûts maîtrisés, destinés aux producteurs vivriers.
Sur le site de Jorf Lasfar, l’un des plus importants complexes mondiaux de production d’engrais phosphatés et azotés, le ministre ivoirien a visité les unités industrielles, les laboratoires de contrôle qualité ainsi que les plateformes logistiques orientées vers les marchés africains.
La Côte d'Ivoire ne peut laisser ses producteurs à la merci
Des échanges ont également porté sur les volumes mobilisables pour la Côte d’Ivoire, les formulations adaptées aux sols ivoiriens et les mécanismes contractuels susceptibles de stabiliser les prix sur la durée. « La Côte d’Ivoire ne peut laisser ses producteurs à la merci des fluctuations d’un marché international imprévisible. Ce que j’ai vu ici confirme que l’OCP dispose des capacités nécessaires pour nous fournir rapidement des engrais de qualité, en quantité suffisante et à des conditions accessibles », a déclaré Bernard Comoé.
Réduire les risques sur la production vivrière
Le gouvernement ivoirien entend anticiper les tensions observées ces dernières années sur les marchés mondiaux des engrais, marqués par les crises géopolitiques, les perturbations logistiques et certaines restrictions à l’exportation. Une hausse des prix des intrants se répercute directement sur les coûts de production agricoles, réduit les marges des exploitants et peut entraîner une baisse des surfaces cultivées, avec des conséquences sur l’offre alimentaire nationale. En misant sur un partenariat structuré avec l’OCP Group, Abidjan cherche à sécuriser des engagements pluriannuels hors des aléas du marché spot, tout en obtenant des produits mieux adaptés aux besoins locaux.
Au-delà de la gestion des risques, les autorités ivoiriennes visent une amélioration durable de la productivité agricole. L’accès à des engrais disponibles à temps, en quantité suffisante et de bonne qualité est considéré comme un levier central pour renforcer les rendements des filières vivrières stratégiques.
Le partenariat s’inscrit dans la dynamique impulsée par le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, après d’autres accords conclus récemment avec des acteurs du secteur semencier et avec l’International Institute of Tropical Agriculture.
Yacouba Doumbia
