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Présidentielle en Colombie : Abelardo de la Espriella, le candidat soutenu par Trump, l'emporte d'un cheveu

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En Colombie, c'est un véritable suspense qui s'est joué au second tour de la présidentielle. L'avocat et homme d'affaires Abelardo de la Espriella a finalement coiffé au poteau le sénateur de gauche Iván Cepeda Castro.

Ce nouveau venu en politique, ouvertement porté par Donald Trump, prendra ses fonctions le 7 août dans un pays sud-américain toujours miné par les conflits armés. « Extrême droite », « protégé de Trump » : la victoire d'Abelardo de la Espriella au second tour, le 21 juin, n'a pas fait que des heureux, notamment dans certains médias français. Avec 49,7 % des voix contre 48,7 % (selon des résultats encore provisoires), cet avocat et chef d'entreprise, qui n'avait jamais fait de politique, a battu d'extrême justesse le sénateur Iván Cepeda Castro, philosophe et défenseur des droits humains. Ce dernier était l'allié du président sortant Gustavo Petro, qui ne pouvait pas se représenter. « Colombie, voici ton Tigre ! Colombie, voici ton président ! », a lancé Abelardo de la Espriella depuis un balcon, protégé par un box pare-balles. « Ce soutien historique nous remplit de gratitude, mais aussi d'une immense responsabilité », a-t-il écrit sur X, annonçant l'aube d'une « nouvelle étape » pour le pays.

De son côté, Washington se dit impatient de collaborer avec l'équipe du nouveau président. « Les meilleurs jours de la Colombie sont à venir », s'est félicité le secrétaire d'État Marco Rubio sur le même réseau social, affirmant avoir « tout juste » parlé avec de la Espriella pour le « féliciter ». Il assure que l'administration Trump se « réjouit » de « travailler main dans la main » avec la future équipe colombienne. « Il a gagné, et de loin ! », s'est exclamé Donald Trump sur Truth social, en postant une photo du millionnaire colombien. Début juin, après qu'Abelardo de la Espriella a créé la surprise en arrivant en tête du premier tour, le président américain lui avait déjà apporté son soutien « total et sans réserve », insistant sur le poids de cette élection pour l'avenir de la Colombie et les relations avec les États-Unis.

Il en avait profité pour qualifier Iván Cepeda Castro de « marxiste de la gauche radicale ». Abelardo de la Espriella, qui a aussi la nationalité américaine, ne cache pas son admiration pour les présidents du Salvador, Nayib Bukele, et d'Argentine, Javier Milei. Il a promis de construire une dizaine de « super prisons » où les détenus seraient nourris « de pain et d'eau », de bombarder les camps de narcotrafiquants avec l'aide des États-Unis et d'Israël, et de tailler dans les effectifs de l'État, qu'il veut réduire de 40 %.