Alahassane Diakité

Opinion

Député Alahassane Diakité : " Dire que les réserves ne jouent pas leur rôle aujourd’hui, c’est ignorer la réalité du mécanisme "

Alahassane Diakité
© DrLa stabilisation n’est pas un slogan politique. C’est un amortisseur économique.
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Je lis beaucoup d’interrogations ces derniers jours sur une supposée « disparition » des fonds de réserve du cacao.

Je souhaite préciser d’emblée que cette prise de parole est mon analyse personnelle en tant qu’acteur de la filière cacao et en ma qualité de député. Dans le cadre de mes responsabilités, j’ai eu des rencontres et des échanges avec le Conseil du Café-Cacao. Les éléments que je partage ici résultent de ma compréhension du mécanisme actuel.

Cette analyse n’engage que moi.

Alors Permettez-moi de rappeler une vérité simple : La caisse de stabilisation n’est pas un compte dormant. C’est un mécanisme dynamique qui fonctionne selon les cycles du marché.

Aujourd’hui :

- Prix international ≈ 1 600 FCFA/kg

- Prix CAF garanti 2025/2026 : 4 149,75 FCFA/kg

- Prix bord champ producteur : 2 800 FCFA/kg

La différence ne tombe pas du ciel. C’est le Conseil du Café-Cacao qui compense. 

Le soutien actuel dépasse 2 500 FCFA/kg. Ce soutien provient directement de la caisse de stabilisation. Et cela représente des milliers de milliards mobilisés pour : Maintenir le prix au producteur, Éviter l’effondrement de la commercialisation, Acheter les stocks résiduels, Protéger toute la filière. 

Quand le marché était haut : Les exportateurs ont reversé des montants au Conseil. Ces reversements ont alimenté la réserve. Aujourd’hui, nous sommes dans la phase inverse.

La réserve sert précisément à absorber le choc. Le mécanisme n’a pas changé.

Tous les exportateurs en situation de soutien reçoivent leurs paiements après exécution des contrats, conformément aux règles établies.

Cette année : Les volumes sur la principale ont été supérieurs aux prévisions, Des volumes des pays limitrophes sont entrés sur notre territoire d’où Certains volumes n’ont pas été couverts lorsque les prix ont chuté; Ces volumes sont actuellement achetés grâce à la même caisse de stabilisation.

Le processus se déroule sous la supervision de l’OIA Café-Cacao, dans des conditions suivies et encadrées.

Un point fondamental : il y a deux campagnes par an

Beaucoup semblent l’oublier. Une campagne principale et Une campagne intermédiaire

La baisse des prix annoncée concerne principalement la récolte de la campagne intermédiaire.

Les fèves issues de la campagne principale, déjà répertoriées, sont actuellement en cours d’achat.

Et comme chaque année, le prix de la campagne intermédiaire est fixé en fonction du prix du marché observé sur la période de fixation. Il faut noter aussi que la qualité des fèves de la campagne principale sont meilleurs que celle de la campagne intermédiaire. C’est exactement le mécanisme qui s’applique depuis des années.

Il ne faut donc pas mélanger les tensions ponctuelles liées au marché international et le fonctionnement structurel des campagnes. 

Chaque campagne a ses tensions.

Il y a eu des périodes plus graves que celle-ci. Le système a toujours tenu grâce à la stabilisation. Critiquer est légitime.

Fragiliser la confiance en pleine tempête ne protège ni : les producteurs, les opérateurs, ni l’État. 

Nous qui sommes acteurs savons ce que représente ce mécanisme sur le terrain. La stabilisation n’est pas un slogan politique. C’est un amortisseur économique.

Restons responsables.

Restons factuels.

Et surtout, restons unis pour protéger notre filière.

Honorable Alahassane Diakité