
Autrement dit, près de quatre cancers sur dix ne sont pas une fatalité. Des causes connues et évitables, d’abord, l’analyse menée dans 185 pays sur 30 facteurs de risque met en évidence un coupable majeur : le tabac, responsable à lui seul de 15 % des nouveaux cas. Ensuite, viennent les infections (10 %), telles que le papillomavirus ou Helicobacter pylori, suivies par la consommation d’alcool (3 %).
Ainsi, certains cancers apparaissent comme particulièrement évitables. Le cancer du poumon, lié au tabac et à la pollution, celui de l’estomac, souvent causé par H. pylori, et enfin le cancer du col de l’utérus, associé au papillomavirus. Sur ce dernier point, le Dr Andre Ilbawi de l’OMS se veut optimiste : « Pour la première fois, on pourrait l’éliminer totalement grâce à la vaccination, au dépistage et au traitement des lésions précancéreuses. » Déjà, 65 % des femmes vivent dans des pays où la vaccination est accessible.
Un appel à l’action, en effet, si le vieillissement et les facteurs génétiques continueront de provoquer des cancers, une large part de l’épidémie mondiale pourrait être évitée. C’est pourquoi l’OMS plaide pour des politiques de prévention fortes : hausse des taxes sur l’alcool et le tabac, promotion de l’activité physique, lutte contre la pollution de l’air et généralisation des vaccinations.
Finalement, le message est limpide, la bataille contre le cancer ne se joue pas seulement dans les hôpitaux, mais aussi dans nos comportements et dans le courage des politiques publiques. La balle est désormais dans le camp des gouvernements… et des individus.