
Jeudi 16 juillet, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a alerté la presse : "C'est désormais la troisième plus grosse épidémie d'Ebola jamais vue. Ces derniers mois, elle a avancé plus rapidement que toutes les autres." Depuis mi-mai, on dénombre plus de 2 000 cas confirmés et 796 décès. "À ce jour, 2 003 cas ont été signalés, dont 796 morts. Pour donner un ordre d'idée, l'épidémie de 2018 en RDC avait mis plus de dix mois avant d'atteindre les 2 000 cas confirmés", a-t-il précisé. Celle-ci, la plus meurtrière dans le pays, avait causé près de 2 300 décès sur 3 500 malades entre 2018 et 2020.
Ce qui préoccupe le plus l'OMS aujourd'hui, c'est la transmission dans la province de l'Ituri, au nord-est de la RDC, épicentre de cette 17e épidémie. Là-bas, "plus de 80 % des nouveaux cas sont détectés en dehors des listes de contacts connus", a souligné Tedros.
"Cela montre que des chaînes de transmission continuent de nous échapper", a-t-il averti. Il a aussi indiqué qu'environ deux tiers des décès surviennent au sein des communautés, "chez des personnes qui n'ont jamais été soignées dans un établissement de santé".
Quelques progrès sont tout de même à noter : la capacité d'accueil dépasse désormais les 800 lits et continue d'augmenter, 60 laboratoires de dépistage sont installés, et le suivi des contacts a grimpé à près de 80 %.
Pour l'instant, il n'existe ni vaccin ni traitement contre le variant Bundibugyo du virus Ebola, responsable de l'épidémie actuelle. Mais l'OMS a lancé début juillet des essais cliniques sur deux traitements : l'anticorps monoclonal MBP134 et l'antiviral remdesivir, seuls ou combinés.
Tedros a aussi annoncé le début cette semaine du premier essai de sécurité du vaccin ChAdOx1, mené par l'université d'Oxford. Et mardi, un autre essai clinique a démarré pour tester l'efficacité d'une prophylaxie post-exposition avec l'antiviral obeldesivir sur des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés de Bundibugyo. "Même sans vaccins ni traitements approuvés, 377 personnes ont guéri. Cela prouve qu'avec un diagnostic précoce et des soins adaptés, on peut surmonter cette maladie et stopper sa propagation", a conclu le chef de l'OMS.
De son côté, l'Ouganda voisin, qui a enregistré deux décès pour 20 cas, a annoncé jeudi ne plus avoir aucun malade.