
C’est la cheffe de l’action sanitaire, Dr Gueu Judith, qui a présenté le bilan de janvier à septembre. Selon elle, la prévalence dans la région est à 1,06% pour un peu plus d’1 090 058 habitants. Mais ce n’est pas pareil partout. Bouaflé est à 1,26%, Sinfra à 1,25% et Zuénoula à 0,68%. À lui seul, Bouaflé concentre 52% des patients suivis. Sur les neuf premiers mois, 29 568 personnes se sont fait dépister. Résultat : 382 nouveaux cas positifs, soit 2,7% de positivité. Tous ont été directement pris en charge.
Bonne nouvelle côté transmission mère-enfant. 86 femmes enceintes dépistées positives ont toutes été mises sous traitement, donc 100% de couverture. Au total, 262 femmes séropositives suivies ont accouché de 340 enfants. Tous les bébés ont reçu leur prophylaxie dès la naissance, même si cinq ont été déclarés positifs. Pour le suivi, 4 671 visites à domicile ont été faites, 99 kits alimentaires donnés aux enfants infectés et 77 patients envoyés vers des psychologues pour les aider à bien suivre leur traitement. Mais il y a encore des blocages. Dr Gueu a parlé de la stigmatisation qui continue, des gens qui arrêtent leur traitement, du suivi irrégulier des enfants exposés et des nouvelles infections chez les jeunes. Sur la période, 200 patients ont été perdus de vue et 120 décès enregistrés. Du coup, elle a demandé à renforcer le maintien des patients dans les soins, à pousser encore la sensibilisation et à mieux travailler ensemble : santé, mairies, société civile et partenaires.
Le préfet de Bonon, Yapi Claude Ogou, qui représentait le préfet de région, a été direct : « L’action du comité ne se fait pas suffisamment ressentir dans nos localités ». Il a donc invité les membres à aller plus sur le terrain, même avec peu de moyens, pour casser la chaîne de transmission. Il a assuré que le corps préfectoral reste disponible pour accompagner et espère de meilleurs résultats d’ici la prochaine rencontre en 2027.
Tout ça s’inscrit dans le Plan national 2026-2030, avec l’objectif du triple 95 : 95% des personnes connaissent leur statut, 95% sous traitement, 95% avec une charge virale indétectable. L’ambition, c’est que le sida ne soit plus une menace d’ici 2030.