Politique

Vincent Toh Bi ne souhaite pas qu'on confie les élections aux Préfets

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L'ancien Préfet d'Abidjan, Vincent Toh Bi, qui est désormais dans la vie politique s'est, à son tour prononcé sur la question de la réforme électorale en Côte d'Ivoire.

Pour celui qui a occupé le rôle de Préfet d'Abidjan du 23 août 2018 au 26 août 2020, les élections dans l'histoire de la Côte d'Ivoire ont bien souvent débouché sur des crises multiples. Les premières crises, selon lui, ont été imputées au corps préfectoral car ces élections étaient confiées au ministère de l'Intérieur. 

"1995, un sous-préfet tombé dans une embuscade tendue par un groupe de manifestants à Odienné. Il est tiré de son véhicule, battu à sang, humilié. C'est le sous-préfet de Tiemé. Des populations lui reprochent, lui et tous les autres membres du corps préfectoral d'avoir organisé de mauvaises élections auxquelles le RDR n'était pas admis à participer", a-t-il rappelé dans une publication relayée ce lundi 29 juin 2026, sur sa page Facebook. 

A l'écouter, à cette époque, celui qui s'est présenté aux élections présidentielles de 2025 avant que sa candidature ne soit rejetée, était encore étudiant. Mais selon lui, à cette période, après le décès de Félix Houohouët-Boigny, la Côte d'Ivoire devait organiser de nouvelles élections à l'effet d'élire le nouveau président de la République. Et c'est à cette époque que le président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), Henri Konan Bedié qui a été élu, mais non sans avec des violences. 

"Des centaines de personnes sont arrêtées, des infrastructures sont vandalisées. Il y a des morts. A cette époque, c'est le ministère de l'Intérieur, donc les préfets et sous-préfets qui organisent toutes les élections, en première ligne. Dans un pays où tous les partis au pouvoir ont toujours voulu conserver le pouvoir pour la vie, en réduisant à néant, par des artifices institutionnels et sécuritaires les opposants, les élections deviennent l'opportunité de violence extrême. C'est pour cette raison que, dans les débats que le gouvernement a initiés pour une réforme électorale, il ne faut pas mêler les préfets et sous-préfets à nos palabres politiques et à des suspicions de partialité", a-t-il expliqué. 

En clair, selon lui, il faut confier l'organisation des élections à "un corps indépendant" qui n'aura pour unique mission que les élections. Et pour cause, selon Vincent Toh Bi, "le corps préfectoral est l'un des corps les plus puissants de Côte d'Ivoire sur lequel repose la stabilité, la sécurité et le développement du pays". "Si les populations déshonorent ce corps ou doutent de lui à cause des élections, l'autorité de l'État sera affaiblie, ce qui est encore plus grave pour notre pays", a-t-il insisté. 

Vincent Toh Bi estime en clair que ce corps est déjà dans sa mission de développement des localités, la sécurité et l'union des populations dans les différentes localités du pays. Ainsi donc, en plus de cette mission, si l'organisation des élections dans le pays leur était encore confiée, les localités elles, seront délaissées au profit de l'organisation de ces élections. D'où sa proposition de confier cette organisation à un organe indépendant.